Monday, January 18, 2010

Dites-moi, la rue est-elle un cul de sac?


Dormir à la belle étoile, se nourrir de soupes populaires, chercher continuellement sa place dans la société, c’est loin d’être amusant… Le coût de la vie est de plus en plus élevé. La pauvreté s’en suit. L’insécurité augmente auprès des sans-abri.

Les organismes d’aide ne suffisent pas à la demande. Ils essaient de s’adapter aux gens qui requièrent des services. Ils n’y arrivent pas.

Le phénomène des sans-abri n’est pas nouveau. Un grand nombre de personnes de tous les pays, même ceux les plus riches, se sont déjà retrouvés sans toit.

À l’échelle mondiale, on estime plus d’un milliard d’individus mal-logés. Le rapport de l’UNICEF démontre que l’Allemagne en compte 850 000 et les États-Unis, 750 000. À Toronto, les hébergements d’urgence en ont accueilli chaque nuit une moyenne de 10 000.

À Ottawa, plus de 900 personnes sont restées dans les refuges d’urgence chaque nuit. La durée moyenne de l’hébergement est de 45 jours. Cela illustre la difficulté à trouver des logements appropriés et abordables. Sans compter le nombre de gens refusés dû à l’engorgement dans les centres d’aide.

En 2008, le Housing Plus fournit 943 lits dans 792 unités de logement. Malgré tout, plus de 2 000 personnes se trouvent sur listes d’attente. La demande dépasse fermement l’offre. Les gens qui attendent restent dans le réseau des services, se promènent de refuges à maison de chambre à d’autres logements précaires. Il n’y a pas de soutien. Les processus sont trop longs.

Le 3 décembre dernier, au-delà de 300 sans-abri ont manifesté au centre-ville de Gatineau. Ils revendiquaient à la ministre fédérale Diane Finley plus d’investissement quant à leurs droits aux logements sociaux.

Les logements sont trop dispendieux. Le gouvernement conservateur s’est engagé à investir plus de 1,9 million de dollars afin de venir en aide aux sans-abri. Seulement une petite tranche a été déboursée pour la cause.

« Le gouvernement dit nous aider, c’est ridicule. Il priorise tellement de choses avant nous. Là, je veux me prendre en main, mais le système tarde à me fournir de l’argent. Le B.S. me refuse depuis trois mois. C’est de la belle merde. C’est là que je me dis que travailler au noir, au moins ça me permettait d’avoir un toit et de manger à ma faim », raconte Pierre-Éric Ball. Un sans-abri qui en a marre. Un homme qui veut simplement se trouver un endroit où habiter avec sa femme.

Une étude de Focus Counsulting prouve qu’investir davantage dans les logements en milieu de soutient réduit cordialement la fréquence de services d’urgence. Par exemple, les services d’hôpitaux ou de polices. En conséquent, aider les sans-abri augmente la qualité de vie pour tout le monde, voire même la sécurité et l’économie à long terme. Les services d’urgence coûtent jusqu’à 10 fois plus que les coûts de résidences aux sans-abri.

La presse canadienne affirme que l’espérance de vie des gens qui occupent les refuges de sans-abri est plus courte que celle de la population en général. Les chances de vie pour les itinérants et les personnes mal-logées sont de 32 % pour les hommes et 60 % pour les femmes. L’excès d’alcool, de drogue et de cigarettes est plus élevé chez les mal-logés, qui cherchent piètrement à fuir leurs problèmes, découragés de la société.

Il faut prioriser l’aide aux sans-abri. Toute personne à droit à une bonne qualité de vie. Toute personne mérite une bonne santé, de la nourriture, un habillement convenable, un logement abordable, des soins médicaux, des services sociaux… Toute personne à droit à ses besoins physiologiques et sécuritaires. Il faut que ça bouge.

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