Monday, January 18, 2010

Les sans-abri, des dépendants affectifs?


Au centre-ville de Hull, le Gîte Ami brille. Financé entre autres par Centraide Outaouais, il héberge plus de 45 personnes, offre des repas, des vêtements, un service de buanderie et même un support psychologique pour aider les sans-abri à se réintégrer dans la société.

L’écoute, le respect et l’entraide sont les priorités de l'entreprise.

Le Gîte Ami est né le 23 décembre 1983. Au début, il n’y avait qu’une cuisinière. On servait du café et des beignes aux personnes en besoin. Rapidement, l’entreprise prit de l’expansion.

Gérard Charron vient de la campagne, du Lac des loups. Il travaille depuis 15 ans au Gîte Ami. Il est intervenant de première ligne auprès des sans-abri. Il accueille directement la personne quand elle se présente pour de l'aide.

Il s’occupe aussi du suivi communautaire. Plus précisément, le suivi fait après la réception des besoins principaux. Par exemple, il apprend aux gens à prendre l'autobus, faire leur commande d'épicerie, comment s'y prendre avec les avocats, aide à la cherche d'un logement, etc.

Gérard Charron a reçu de nombreuses formations et en a vu de toutes les couleurs. Il est spécialiste en la matière.

« Aucune caractéristique n'est nécessaire pour qu’une personne bénéficie de notre aide, n’importe qui peut venir cogner à notre porte, on n’a pas de préjugé », explique-t-il.

Le Gîte Ami est un centre d’hébergement temporaire de sept jours. Les gens ont sept jours pour entreprendre leur démarche de réinsertion sociale, par exemple pour recevoir de l’Aide sociale. Si la personne a déjà entrepris ses démarches, le gîte peut l'héberger un mois ou deux, jusqu’à ce qu’elle reçoit son premier chèque.

Selon Gérard Charron, il est important de distinguer les cinq clientèles différentes qui se présentent à lui : les jeunes, les personnes avec des problèmes de santé mentale, les itinérants, les sans-abri et les personnes âgées.

« Un itinérant, c’est une personne qui n’est jamais heureuse à la même place, elle ne se sent pas bien, elle voyage de ville en ville, c'est une nomade... Ça ne veut pas dire qu’elle a des problèmes d’alcool ou de drogue », dit-il.

« Être sans-abri, on le devient pour une raison particulière, soit à cause de problèmes de drogue, d'alcool, de gambling, de divorce, d'une perte d’emploi, etc. Ces personnes-là ne sont pas habituées de coucher dehors. Elles vont faire n’importe quoi pour trouver une place où dormir. Elles couchent dans les urgences à l’hôpital,ou même, s'organisent pour passer une nuit dans un poste de police. Ce type constitue la majorité de notre clientèle », affirme-t-il.

Il faut comprendre que 90 % des sans-abri sont dépendants affectifs. Si leurs problèmes de dépendance étaient réglés, ils ne seraient pas dans la rue. Une personne en manque comble son vide par tous les moyens, autant bien que mal.

« Les individus sortent dans la rue pour avoir plus d’attention. Parfois, ils veulent seulement un petit bonjour, une interaction avec les autres. Quand ils ont de l’argent, ils ont plus d’amis et se sentent plus importants »

« Il y a beaucoup de prostitutions dans la rue. Ce n’est pas toujours ''rough''. Il y a des sans-abri qui se prostituent, non seulement pour l’argent, mais juste pour avoir l'impression de se sentir appréciée une heure ou deux…», ajoute-t-il.

Le Gîte Ami n’incite pas les gens à venir à eux. Il ne mise pas sur la publicité. C’est le bouche à oreille dans la rue qui amène les gens à venir demander de l’aide.

À Ottawa, les règlements quant aux centres d’aide aux sans-abri ne sont pas les même qu’au Québec. Pour une nuit, le coût d’hébergement s’élève à 50 dollars. C’est pour cette raison qu’il y a autant de quêteurs dans les rues.

Selon Gérard Charron, il est primordial d’aider les personnes en besoin. Il explique que si on ne leur donne pas ce qu’elles veulent, elles vont s’organiser pour l’avoir. Elles vont aller coucher sur le balcon d’un inconnu, voler des vélos, coucher dans des automobiles. S’il n’y a pas d’aide, le taux de criminalité augmente.

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