Dans une pièce sombre, un petit ourson pendille au plafond. À côté, dort un cadre de Mickey Mouse, beaucoup de paperasses, un dictionnaire et une petite télévision. Voilà ce qui se trouve dans le salon du Fantask. Un univers marginal, bourré de mystères, doté d’un esprit de vengeance…
Sans oublier les murs de son appartement, tapissés de mille et un mots en marqueur noir.
Déroutant.
Le Fantask, c’est le surnom que Benoît-Claude Turpin s’est donné avec les années. Pourquoi? C’est primitif. Le mot fantasque est un adjectif qui désigne une personne sujette à la fantaisie et l’originalité.
« On peut dire que j’ai deux personnalités : Benoit, le petit ange raisonnable qui n’ose pas, et Le Fantask, celui qui me pousse à tirer avantage, avec ma musique, de tous les manques et le mal que j’ai pu avoir dans ma vie… »
Bizarre, capricieux, changeant, déraisonnable, arrogant, inégal, excentrique, extravagant, spécial... Le Fantask de Gatineau n’a aucune barrière à son épreuve et rêve grand.
Sous la production de Quest, c’est à 22 ans qu’il sort son premier album complet intitulé « Mes premiers pas ».
« Depuis les deux dernières années, j’ai réussi à mettre ma vie sur papier, mot pour mot. Cet album, c’est ma vie, et malheureusement, beaucoup seront victimes de mon ancre », raconte-t-il.
Auteur depuis l’âge de 10 ans et interprète depuis maintenant 8 ans, Le Fantask crée avec son album un univers pour échapper à son enfance. Sa transparence et son manque de censure à l'égard de tout ce qu'il a vécu est sans aucun doute ce qui rend cet artiste aussi fascinant qu’accrocheur.
Issu d’une famille dysfonctionnelle et d’une mère absente, Le Fantask sombre dans la drogue en bas âge et affronte sa première dépression à l’âge de 13 ans. Après plusieurs tentatives de suicide, il décide aujourd’hui de regarder droit devant, de suivre sa passion et de raconter son histoire, aussi cruelle soit-elle.
« Je ne me souviens pas d’un moment où j’étais heureux quand j’étais petit… Regarde, quand j’avais un an je me lançais en bas de mon berceau pour que ma mère vienne me prendre dans ses bras. À dix ans, elle menaçait déjà de me renier et disait que j’étais bon à rien. Adolescent, mon beau-père demande à ma mère de faire un choix : lui ou moi. Elle choisit de me mettre dehors. Moi, j’ai choisi de me venger à ma façon », explique-t-il.
Entre deux chansons, Le Fantask travaille comme intervenant auprès des sans-abri au Gîte l’Ami, ce qui lui permet de rejoindre ses valeurs altruistes, d’aider les autres à s’en sortir, comme lui. « J’ai un bagage difficile, aider les autres me fait du bien, mais pour moi, il n’y a pas meilleur remède qu’une plume et un papier ».
D’après le jeune homme, le hip-hop de la scène québécoise est perfide et se doit de renouveler son image. Sous l’influence de rappeurs tels que Sniper, Iam, Fonky Family, Sefyu, Booba et Youssoupha, Le Fantask songe à réunir le rap québécois et celui de l’Europe.
On dit qu'une image vaut mille mots. Dans son cas, ce sont ses mots qui valent mille images. Les paroles du Fantask sont crues et théâtrales. Mépris d’un fétiche pour les instruments arabes et orientaux, les mélodies du jeune homme sortent de l’ordinaire. Le Fantask a la musique dans le sang et parvient avec prodige à faire danser nos globules sous ses éminentes litanies.
Préparez-vous au pire, car « Mes premiers pas » vous déstabilisera, évoquera en vous des sentiments insondables et profonds.
Solitaire, courageux et persévérant, Le Fantask est convaincu que sa venue dévastera terre entière.
Soyez donc à l’affût de son album qui sortira ce printemps, temps exemplaire pour lancer une relève abracadabrante sur la scène musicale, une relève qui en fera forcément parler plusieurs.
L’histoire ne fait que commencer…
www.myspace.com/lefantask

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