
En 2009, une personne sur l’aide social reçoit une moyenne de 600 dollars par mois. C’est ridicule compte tenu du coût de la vie. Québec dévoile son plan d’action pour les sans-abri. Son manque de vision en déçoit plusieurs. Une gouttelette d’eau dans une mer de besoins.
Le 4 novembre dernier, la commission de la santé et des services sociaux rend public son rapport sur l’itinérance. Les membres de la commission préconisent des actions concrètes. Les coûts sociaux et économiques stagnent.
Le rapport comporte entre autres l’adoption d’une politique en itinérance le plus rapidement possible. Une amélioration quant au logement social, à la formation des intervenants, ainsi qu’à la concertation entre les réseaux. La mise en place d’un programme de financement suffisant pour les organismes d’aide aux sans-abri et un meilleur équilibre entre la judiciarisation et la médiation sociale.
Quarante jours après le dévoilement du rapport de la commission, lundi dernier, la ministre déléguée aux services sociaux annonce un budget de 14 millions de dollars alloué à la cause.
Lise Thériault dégage cinq priorités du plan d’action. Renforcer la prévention de l’itinérance, favoriser la stabilité résidentielle, adapter l’intervention auprès des sans-abri, favoriser une sécurité dans les lieux publics et accroître la recherche à ce sujet.
Pas un mot sur la politique globale sollicité plus tôt. Pas un mot sur la priorité des femmes itinérantes et leurs enfants.
Le plan d’action est loin de s’attaquer aux causes principales de l’itinérance. Les sommes allouées sont trop minces. Le plan trop vague. Il suscite beaucoup de frustration.
« Je m’attendais à plus que ça de la part du gouvernement », affirme Benoît-Claude Turpin, intervenant au Gîte Ami de Hull. « On dirait que le gouvernement à de la difficulté à comprendre l’ampleur du phénomène. Une politique sur l’itinérance est cruciale ».
La ministre Lise Thériault nous laisse savoir qu’elle ne ferme pas la porte à une politique future, que les réponses apportées dans le document sont rapides et qu’elles évolueront avec le temps.
Difficile à croire. On reporte continuellement à plus tard. C’est très fâcheux.
Le plan d’action est loin d’être innovateur. Il résulte simplement de la poursuite d’actions habituelles et non d’investissements supplémentaires. Ces actions sont évidemment loin d’avoir réglé le problème. Il faut plus d’audace.
Le RSIQ est contrarié, mais espère que ce plan coordonne au moins à court terme les actions des 10 ministères et organismes publics impliqués. Les besoins du RSIQ au Québec seulement dépassent les 50 millions de dollars par année. Un petit 14 millions est loin d’atténuer leur faim. L’implantation du plan sera évaluée en 2013.
On évalue plus de 30 000 itinérants au Québec, dont une augmentation des femmes et des jeunes enfants. Parmi les 70 actions du plan, 300 unités de logements seront réservées aux sans-abri. Il faut plus que des pansements pour l’obtention de résultats à long terme.

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