Monday, January 18, 2010

Notre corps, une planète

Abeilles et bourdons butinent de fleur en fleur pour se nourrir, ce qui permet aux fleurs de se reproduire. Les plantes, quant à elles, contiennent une riche production de bactéries qui dépolluent sols et eaux, assurant ainsi la vie d’un millier d’autres espèces. Toute nature vivante est liée. C’est la biodiversité.

La vie est un réseau d’interactions et d’interdépendances entre des milliards d’êtres vivants. Il est important d’étudier et de prendre soin de l’environnement. C’est ce qu’une dizaine d’enfants de 11 ans nous racontaient, lors de leur présentation sur la biodiversité, à l’Agora de l’université d’Ottawa, le 9 novembre dernier.

À l’Académie Saint-Laurent, 15 étudiants de la sixième et septième année travaillent sur un projet fort intéressant pour leur cours de science. Quatre fois semaine, ils se rendent au Macoun Marsh, pour étudier et découvrir de nouvelles espèces.

Le Macoun Marsh, surnommé le Wetland, est un site naturel près du centre urbain d’Ottawa, où plus de 700 espèces ont déjà été repérées, et ça ne fait que commencer…

Les étudiants observent ce qui se passe dans cet environnement. Ils prennent des photos, font des tests d’eaux et tiennent un journal de bord où ils notent les moindres détails de leurs découvertes.

Durant la présentation, les invités pouvaient consulter les journaux de bord des élèves. La majorité des jeunes étaient présents pour répondre aux questions des spectateurs. On pouvait voir la passion dans leurs yeux.

« En 2003, j’étais un peu déprimé. Je cherchais une façon de motiver les enfants à apprendre sur la biodiversité. J’ai marché pour réfléchir à tout ça, et c’est là que j’ai découvert le Macoun Marsh », raconte Michael Léveillé, professeur de science à l’Académie Saint-Laurent et créateur du projet.

« J’ai tout de suite débuté les démarches pour transformer mon cours de science théorique en un cours pratique d’observations sur le terrain », rajoute-t-il.

Les enfants sont émerveillés par leurs découvertes. Ils aiment aller dehors, jouer dans la boue, prendre des bestioles dans leurs mains...

« Les cours pratiques sont vraiment cool. C'est meilleur que les livres ou la télévision. On apprend plus quand on est directement en contact avec la nature et les espèces », explique Éric Gauthier, 11 ans, étudiant à l’Académie.

Les étudiants travaillent présentement sur la reconstitution d’ossements de raton-laveur. Ces os ont été découverts sur Macoun Marsh par Anaïs Dupont, une des 15 élèves. Les jeunes lavent les os, apprennent les parties du corps, ainsi que les caractéristiques de l'animal.

« Nous avons déjà trouvé du vomi de hibou, et dans le vomi, nous avons trouvé les ossements d’un rat. Nous avons reconstitué le rat en classe. C’était drôle », raconte la petite Anaïs.

Plus tôt cet été, une compagnie indépendante de film s’est inspirée du projet Macoun Marsh pour produire un film éducatif appelé Our Incredible World.

Les journaux de bord, ainsi que les photos des élèves seront exposés au Eastern Ontario Biodiversity Museum.

Durant l’été, les étudiants de la sixième année ont présenté leur projet à l’UN (International Children's Conference) aux États-Unis.

Ce projet génère un intérêt croissant dans plusieurs pays.

« Notre corps est une planète. Notre bras contient plus de 600 bactéries et espèces qui dépendent l’une de l’autre. Il en va de même pour l’écorce d’un arbre ou les cellules du cerveau », dit Michael Léveillé.

« Les enfants sont le futur de notre planète, ils ont une soif d’apprentissage et sont ouverts d’esprit. Quand on leur permet d’apprendre en s’amusant, ils peuvent déplacer des montagnes », complète-t-il.

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