
… alors, vous me dites que cette fille-là avait tout pour elle, qu'elle était ambitieuse, jouait du piano, chantait et dansait comme une déesse? Que cette fille-là, elle étudiait dans son domaine, qu’elle dégageait une telle assurance et maintenant… Plus rien? Même son copain ne veut plus rien savoir d’elle?
Exactement.
Elle a lâché l’école, ne joue plus de piano, ne danse et ne chante plus? Quoi? Elle a même pris 40 livres? Wow… Sa confiance doit avoir mangé un méchant coup…
C’est ça.
Des histoires comme ça, j’en ai entendu beaucoup. Beaucoup trop. Ça me frustre. Ça m’arrache les tripes du ventre. Pourquoi? Parce que les jeunes adolescents, de nos jours, tombent en dépression, un après l’autre, comme des petites mouches en hiver. En fait, ce n’est pas le fait de tomber en dépression qui m’agace, car je sais que nous avons tous nos moments difficiles. Ce qui me ''fou les chetons'', c’est comment on traite cette dépression ou plutôt, comment on mêle la vraie dépression à de simples symptômes qui découle de cette dernière.
J’ai l’impression que certains jeunes dit ''dépressifs'' sont ''brainwashé'' par la société, leur médecin, leur parent ou leur psychologue, car la plus part d’entres eux pensent réellement que les antidépresseurs changent leur vie, mais je ne crois pas qu’il est nécessaire d’en prendre, sauf dans certain cas. Je suis quand même consciente que la prise d'antidépresseurs pour certaines personnes est cruciale. Je sais que c'est une maladie.
Selon la SÉTUE (le syndicat des étudiants (es) et employés (es) de l’UQAM), entre 2005 et 2008, le nombre d’ordonnances d’antidépresseurs aux jeunes adolescents est passé de 676 642 à 2 004 416. Une hausse de 196 %. J’espère que le Québec est fier d’être devenu la province canadienne à fournir le plus d’antidépresseurs aux jeunes québécois. C’est dégueulasse.
Si je dis que ça me lève le cœur, c’est parce que les antidépresseurs sont comme de la drogue. Quand on commence à en prendre, on devient très vite accro. C’est pour ça qu’avant de donner des pilules aux jeunes, les professionnels de la santé devraient s’assurer qu’ils en ont réellement besoin, car l’utilisation surélevée de ces pilules peut avoir des effets néfastes à la longue… Selon l’agence européenne du médicament (AEM), le risque de suicide chez les jeunes traités avec antidépresseurs est plus élevé.
Autre petite anecdote :
Je suis en première année d’université. Je viens de loin. Je me sens seule. Je me suis accrochée à un homme, comme à une bouée de sauvetage, pour trouver le temps moins lourd, et bang! Tout s’écroule. Il me laisse tomber. Je vois noir. Je pleure. Je décide d’aller rencontrer un psychologue pour la première fois de ma vie.
À peine 5 minutes après mon arrivée dans le bureau, sans même m’avoir adressé la parole, on me fait passer un test de dépression. Je suis dans un état émotionnel assez catastrophique, puisque je viens tout juste de me faire jeter à la poubelle. Quand on se sent comme de la merde, généralement, on n’attend pas 6 mois plus tard pour consulter. Je remplis donc le questionnaire en fonction de mes sentiments du moment présent et je vais rencontrer le psychologue.
Première chose qu’il me dit, c’est que j’ai besoin d’antidépresseurs, parce que je suis classée dans un état de dépression assez grave. Wow… Bravo le psychologue! Tu ne me connais même pas, tu ne m’as même pas parlé. Et quoi? C’est très normal de me sentir de cette manière, toute nue, en petite boule devant l’infini.
C’est ça le ''maudit'' problème. On donne trop vite le médicament aux jeunes qui n’en ont pas vraiment besoin. Il faut être prudent et bien analyser l’état psychologique du client, car tout ça, c’est du cas par cas.
C’est assez facile à comprendre. La récession économique n’aide pas. Les cliniques ont moins d’argent, il y a donc moins de spécialistes de la santé, alors ceux qui reste? Ils sont débordés bien sûr. Je parle ici autant des médecins que des psychologues. Ils n’ont tout simplement pas le temps d’évaluer les patients et préfèrent leur donner des médicaments pour passer à un nouveau dossier.
On n’aide pas du tout le patient en faisant ça. On le sort de la drogue illégale pour l’étouffer dans la drogue légale : les antidépresseurs. On se fit à la première impression qu’on a du jeune quand on devrait le scruter de fond en comble. Où sont les vraies valeurs là dedans?
Je ne veux pas accuser ici les professionnels de la santé, je sais que ce n’est pas une question de compétence, mais plutôt une contrainte de temps et un manque de rigueur.
Les publicités qui ne cessent de passer à la télévision pour la sensibilisation de la dépression m’énervent elles aussi. Pourquoi? Parce qu’on dirait que ça banalise le fait d’être en dépression. Demandez-vous pourquoi la hausse des antidépresseurs augmente toujours après ça?
Enfin, il faut aussi souligner que l’industrie des antidépresseurs apporte abondamment de blé au Québec. Selon un article écrit par Jean-Philippe Pineault dans Rue Frontenac, en 2008, les patients ont dépensé 341,4 M$ pour ces petites pilules de bonheurs.
Impressionnant, mais louche.
Parfois, je m’endors avec une boule dans la gorge et je me demande si le monde dans lequel on vit est aussi sale qu’il en a l’air…
Je suis loin d’être une spécialiste dans le domaine, mais selon moi, bourrer les gens de pilules devrait être un dernier recours, sauf dans certains cas. Suivre une thérapie, faire du sport, se vider le cœur, s’entourer de gens qu’on aime, aller dehors, prendre des bains de mousse, écrire, etc., ce sont tous des petits trucs qui peuvent nous embellir la vie.
Je crois que pour passer au travers d’un obstacle difficile, il faut vivre la peine à fond. Surtout pas, mais surtout pas la geler avec des médicaments ou autres drogues. C’est difficile de s’en sortir, oui. Mais on peut tous y arriver avec de la détermination, du courage, ainsi qu’un bon soutien.

100% d'accord, et tout aussi conscient du problème... Ces Pharma Co de merde qui filent des tonnes de voyages dans le sud au médecins et à leurs représentants pour leurs bonnes ventes... Dr says: -you try those out, they'll help (or at least, they'll help me get to Riviera Maya for FREE once again this year)
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